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Message de René REVOL

jeudi 25 mars 2010, par Webmestre

Madame, Monsieur, cherEs amiEs et camarades,

Au terme de cette élection régionale en Languedoc Roussillon, je veux d’abord remercier les 76 414 électeurs qui ont accordé leur confiance à la liste A gauche Maintenant !, que j’ai eu l’honneur de conduire en partenariat avec François LIBERTI, David HERMET et tous les colistiers représentant tout l’arc de la gauche de transformation sociale et écologique (PCF, PG, NPA, Alternatifs,GU, FASE, MPEP, OC, syndicalistes et militants associatifs). Par ce message je voudrais soumettre au débat des éléments de bilan et des propositions pour l’avenir.

Au plan national, nous avons assisté à une forte mobilisation électorale qui a infligé une défaite cuisante à Sarkozy et à ses candidats. Ces derniers ont moins que jamais une légitimité à avancer leurs « réformes » dévastatrices.

En marginalisant le MODEM et en faisant émerger l’autre gauche à plus de 10% (avec un Front de gauche à 7%), les électeurs ont pour l’instant bloqué une dérive centriste du PS et ouvert la perspective d’une rupture à gauche avec la politique de Sarkozy. C’est une base pour l’avenir. Il n’a par ailleurs échappé à personne ce qui s’est produit dans le Limousin : le refus par le PS de l’union avec la liste Front de gauche-NPA a conduit les électeurs à renforcer la gauche de rupture qui est passée entre le 1er et le second tour de 13 à prés de 20%. Battre la droite, c’est aussi refuser les oukases pour changer la gauche.

L’importance de l’abstention exprime un profond désarroi de nos concitoyens face à l’impuissance des politiques pratiquées jusqu’à ce jour, désarroi sur lequel s’est appuyé le Front national. Celui-ci entend à nouveau constituer une alternative à droite, instrumentalisant la misère sociale pour un programme nationaliste et xénophobe. La course de vitesse entre la gauche et l’extrême droite est engagée ; cela nous donne encore plus de responsabilités.

Au plan régional, nous sommes fiers d’avoir constitué le pôle de résistance à la dérive droitière et populiste de Georges Frêche. Il s’est vanté le soir du second tour d’avoir rassemblé des voix de droite et de gauche, s’est présenté comme un candidat anti parti, concentrant ses attaques contre les partis de gauche, confirmant l’orientation qu’il défend ces dernières années : « détruire le PS et les partis de gauche pour les remplacer par un parti démocrate à l’américaine ». Face à l’échec national de cette orientation et à la déroute du MODEM, il persévère dans cette entreprise contre la gauche.

Au second tour les électeurs de gauche ont été pour une large part dessaisis de leur vote. Ils se sont répartis entre ceux qui ont utilisé un bulletin « Frêche » pour sanctionner la droite, ceux qui ont voté blanc ou nul (dont la proportion fait un bond) et ceux qui se sont abstenus.

Elue avec 25% des inscrits la liste de Georges Frêche ne peut se targuer ni d’un vote d’adhésion, ni d’avoir obtenu un blanc-seing. Georges Frêche ne représente clairement plus la légitimité et l’avenir de la gauche.

Quant à notre liste « A Gauche Maintenant ! », au-delà de la déception de ne pas avoir pu offrir au second tour une alternative, nous avons de sérieux motifs de satisfaction : la combativité de notre campagne qui a réuni plus de 10 000 personnes dans plus de 300 réunions publiques, la qualité et la pertinence de notre programme élaboré pour constituer une alternative régionale à l’adaptation résignée à la mondialisation, un score électoral très honorable dans un contexte où médias et appareils politiques ont tout fait pour dépolitiser les enjeux.

Nous avons aussi conscience des faiblesses et obstacles rencontrés.

Nous ne sommes pas parvenus à mobiliser pour le vote les quartiers populaires et la jeunesse et devons donc renforcer ce travail de terrain. La volonté de la direction nationale du PS d’imposer en dernière minute une liste sans préparation ni réel programme a participé du brouillage médiatique et explique l’élimination au second.

Notre unité et notre action n’en demeurent pas moins un formidable acquis.

Nous avons permis l’émergence et l’affirmation au cœur de la gauche d’une alternative unitaire. Elle est le garant du combat pour battre la droite et l’extrême droite, pour prendre date et tourner la page de Frêche. Nous devons dés maintenant œuvrer ensemble dans cette région à mettre en mouvement citoyennes et citoyens sur les propositions de rupture dont nous avons été porteurs.

En conséquence, les forces qui se sont rassemblées dans notre liste ont décidé de poursuivre leur union. Début avril, elles se réuniront pour en définir les modalités précises.

Afin que l’espoir que nous avons soulevé puisse être honoré, voici en débat plusieurs propositions :

  • Maintien d’une coordination régionale de la liste « A gauche maintenant ! ». Si la loi électorale et les conditions de l’élection ne nous ont pas permis d’obtenir des élus, rien ne nous interdit de nous exprimer et de porter nos propositions régionales lors de cette mandature. A chaque session du Conseil régional nous nous exprimerons sur les grands enjeux régionaux et les questions en débat. Partout, sur le terrain des comités unitaires peuvent se constituer.
  • Participation unitaire aux luttes sociales et civiques comme nous venons de le faire sur les sans papiers et les retraites avec la manifestation du 23 mars. Sur les questions de l’emploi, de la précarité, de la défense de la protection sociale et des services publics, de la défense des libertés publiques… les actions ne vont pas manquer. Nous pourrrions être porteurs par exemple d’e débats et d’une campagne d’opinion sur les retraites, contre l’argumentation fallacieuse du patronat et du gouvernement.
  • Initiatives communes sur nos projets, ceux que nous avons portés dans la campagne. A cette étape, nous pourrions d’ores et déjà mettre en chantier deux propositions :
  1. Pour une relocalisation des activités contre la mondialisation et la prise en compte des besoins sociaux, construisons des États Généraux pour un aménagement du territoire juste et solidaire, permettant ainsi aux territoires ruraux comme aux quartiers populaires de se mobiliser. Cette initiative peut aussi fédérer la défense des services publics et la lutte contre la réforme des collectivités territoriales.
  2. Pour une campagne d’opinion et d’action pour un retour à la gestion de l’eau en régie publique avec débats citoyens et pétitions pouvant déboucher sur des référendums locaux.

Après une campagne fraternelle et unitaire où nous avons appris à nous connaître et à nous apprécier, je suis convaincu qu’en menant désormais ces mobilisations communes nous nous préparerons aussi à affronter ensemble les prochaines échéances électorales.

Dans cette action, que vous soyez engagé(e) dans un parti ou sans appartenance, vous avez tous votre place. Agir pour l’émancipation commence d’abord par donner toute sa place à chacun de ceux qui y contribuent. Car c’est en s’appliquant à nous même la démocratie active que nous pourrons la rendre crédible pour toute la société.

René REVOL

Tête de liste aux élections régionales de mars 2010 de la liste « A Gauche Maintenant ! », membre du Bureau national du Parti de Gauche, Maire de Grabels revolrene@wanadoo.fr

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