Accueil du site > Notre programme > Travaux des ateliers > Notre programme pour l’agriculture et la pêche !

Notre programme pour l’agriculture et la pêche !

mardi 16 février 2010, par Webmestre

Souveraineté alimentaire en Languedoc Roussillon

Soutenir/développer/créer des fermes à tailles humaines respectueuses de l’environnement.

Le constat :

L’agriculture promue de façon dominante aujourd’hui est :

- la course à la productivité- une surconsommation d’énergie fossile (carburants, engrais à base de pétrole,…)-la concentration de la production et de la transformation en quelques mains-la diminution de l’emploi agricole et rural-la désertification de territoires ruraux particulièrement en garrigues et montagnes-la détérioration de l’eau, des paysages et des sols

- La situation économique est dramatique pour des milliers d’agriculteurs. Les inégalités de revenus s’accroissent. Le modèle productiviste n’est pas remis en cause, malgré l’introduction d’exigences environnementales qui sont incompatibles avec l’agriculture intensive et capitalistique. La mécanisation et la ‘’chimisation’’ se poursuivent malgré les pénuries énergétiques qui se dessinent. Le dumping d’agricultures prédatrices (USA, Brésil,…) sur les marchés mondiaux se poursuit d’une façon déguisée. Les importations d’oléagineux et d’agro-carburants favorisent, au Sud, une agriculture pseudo-libérale d’exportation, aux dépens de la production alimentaire, de la paysannerie et de l’environnement.Les métiers de la paysannerie sont ringardisés depuis trop longtemps, ce qui a mené à une perte d’intérêt des jeunes actifs de ces domaines d’activité.Économiquement parlant, dans ce contexte de crise économique nous faisons ce constat :les seules systèmes de production agricoles ayant été à peu près épargnées par la crise économique sont :-les exploitations intensives de terres arables donnant une stérilisation (faute de matière organique) voire une disparition par l’érosion des terres à plus ou moins long terme, une mécanisation croissante, alors que la pénurie énergétique en matières fossiles se dessine de plus en plus ; Elles sont donc non pérennes d’un point de vue ‘’dynamique écologique’’, énergétique et de santé d’une profession en diminution démographique drastique, ne répondant donc pas aux principes environnementaux affichés par la classe politique et à la nécessité de créer des emplois.-les viticulteurs ayant un réseau de distribution international fonction de leur qualité de leur vinification, et sachant bien communiquer sur leur produits.-les exploitations de petite taille équitables et solidaires, respectueuses de l’environnement privilégiant les circuits courts de distribution, la proximité du paysan et des consommateurs. Ces filières sont pourvoyeuses de créations d’emplois. Leur caractère solidaire et leur démarche qualité tout au long des processus de production inspirent la confiance réciproque entre le producteur et le consommateur, amenant à une stabilité économique non fonction des cours boursiers internationaux.

Notre orientation générale

Pour nous, doivent être menées au niveau mondial, européen et national des politiques répondant à l’intérêt général des générations actuelles et à venir, visant à

  • garantir le droit à une alimentation saine et de qualité pour tous
  • permettre la viabilité économique et le développement humain des familles paysannes ; en France, assurer le renouvellement générationnel, favoriser l’installation d’agriculteurs
  • préserver et restaurer les écosystèmes dégradés
  • organiser la transition vers des modes de production et consommation économes en ressources non renouvelables-enrayer les phénomènes de mondialisation désastreux pour l’environnement

Notre opposition à la politique menée dans notre région :

Nous refusons la logique de la région donnant comme principaux axes : produire plus, moins cher, tourné principalement vers l’exportation amenant à une perte cette année de 32% de chiffre d’affaire moyen du secteur primaire dans le Languedoc Roussillon et à une division par 3 du nombre d’agriculteurs/exploitants agricoles/paysans d’ici à 2020.

Ce que nous désirons :

Une paysannerie qui subvienne :

  • à sa viabilité économique
  • à l’alimentation locale de la population
  • à l’aménagement du territoire
  • à la protection de l’environnement dans des considérations écologiques

Pour se faire :

Nous rechercherons la coopération de la région avec les forces vives ayant des activités alternatives en accord avec notre projet de société régionale. Nous engagerons avec elles un état des lieux régional faisant ressortir forces et faiblesses du système et des filières.

Nous privilégierons :

  • le dialogue et la coopération avec les forces syndicales, professionnelles, associatives et scientifiques du domaine-les organismes de recherches scientifiques œuvrant pour le développement de productions agricoles répondant à des critères de qualités sanitaires et environnementales ambitieuses pour la transformation de la paysannerie locale
  • le développement de Nouvelles Pratiques Agricoles (NPA), les Cultures Sous Couvert Végétal (SCV) et les Associations de Culture
  • les filières de formation lycéennes, universitaires et professionnelles continues pour accompagner des reconversions de paysans et de nouvelles installations de paysans jeunes (et moins jeunes).
  • de nouveaux débouchés commerciaux et l’accompagnement de la création de nouveaux emplois

Nous défendrons :

- La viabilité économique durable :

Notre axe principal étant : la Souveraineté alimentaire de la région, car nous sommes certains que l’autodétermination des peuples passe en premier lieu par l’autosuffisance alimentaire, nous engagerons les mesures suivantes :Les subventions tournées principalement vers la viticulture seront redistribuées de façons plus équitables envers tous les domaines d’activités agricoles visant l’autosuffisance alimentaire régionale. Pour les produits ’’Sud de France’’, le budget considérable dépensé en communication sera détourné au profit de subventions pour l’agriculture paysanne.Nous nous opposerons aux projets Agrexco à Sète au profit des produits locaux et de la Salamane à Clermont l’Hérault dans une optique de gel pérenne des terres arables en faveur de la paysannerie.Nous aiderons l’accès au foncier des paysans par des mises en fermage de terres agricoles appartenant aux collectivités territoriales ou constituées à partir d’une réserve foncière régionale. Nous viserons l’autosuffisance protéique du Grand Midi avec PACA et Midi-Pyrénées pour mettre fin à l’importation massive de soja et de maïs en provenance d’Amérique du Sud qui entraine la déforestation de l’Amazonie et des pollutions dû aux transport de ces matières.Nous garantirons des débouchés commerciaux aux paysans pour l’alimentation des cantines scolaires et universitaires dans un premier temps, pouvant s’élargir progressivement aux cantines des services publics et entreprises privées par la suite. Nous accompagnerons la (ré)installation de l’agriculture paysanne du point de vue foncier et technique avec des outils financiers adaptés. Sur des bases de désobéissance civile régionale avec les mesures Européennes et Nationales, nous mettrons des critères de proximité par des mesures contraignantes envers la demande visant à l’empreinte écologique minimale (bilan carbone et nouvelles pratiques agricoles respectueuses de l’environnement) des produits commercialisés dans la région.Nous tenterons de rompre avec la sous-traitance extra-nationale de la transformation des matières premières qui est la principale valeur ajoutée du marché de l’alimentation, en aidant les coopératives agricoles à s’équiper, se former et créer des emplois. Nous rechercherons à privilégier des situations d’oligopoles de ces coopératives pour qu’elles puissent imposer des prix rémunérateurs (mais accessibles aux consommateurs) de leur production vis-à-vis du marché de la distribution. Nous aiderons les coopératives agricoles afin qu’elles aient accès à la gestion équitable et répartie sur le territoire à des infrastructures de types : abattoirs (avec des production de viandes Hallal et Casher en fonction de la démographie des populations en demande), des moulins, et des structures agroalimentaires. Nous aiderons ces diverses filières en termes de communication, d’emplacements de vente (en partenariat avec les communes) et de réseaux de distribution dans une optique d’autonomie financière de ces filières.

- La viabilité écologique/sanitaire et la cohérence territoriale :

Nous privilégierons des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement et du paysage. Les subventions régionales et supra-régionales seront principalement allouées aux fermes qui pratiqueront de nouvelles ou anciennes techniques agricoles visant à la préservation des sols et du paysage. Nous amènerons un accompagnement technique et de formation des agriculteurs voulant se reconvertir à une agriculture paysanne en valorisant la distribution de ses produits en circuits courts.

Nous visons :

La diminution des intrants fertilisants chimiques sera de mise, la diminution d’utilisation des produits phytosanitaires sera encouragée au profit de techniques de luttes alternatives (exemples : purin d’orties, culture de légumineuses, préservation de la vie microbienne des sols, coccinelles, micro et macro prédateurs naturels, haies vives, association de culture, culture triennale, boues de stations d’épuration valorisées et non polluées en métaux lourds par une séparation du traitement des eaux usées provenant des voiries et usines de celles des foyers, compostage des déchets organiques humains, sacs en amidons, valorisation des fumiers et cohérence par une organisation du cycle du carbone/azote/potassium/phosphore,…). Cela entrainera inévitablement la diminution de la pollution des nappes phréatiques et donc un gain économique pour le traitement de l’eau potable et une diminution de l’eutrophisation des milieu aquifères. La diminution de l’irrigation gaspilleuse d’énergie et d’eau sera privilégiée au profit d’autres pratiques agricoles alternatives (micro irrigation et irrigation gravitaire Cultures sous Couvert Végétal, humification des sols, paillage, permaculture,…). Cela entrainera une diminution de notre responsabilité régionale dans la catastrophe écologique du delta du Rhône et une diminution de l’érosion éolienne et de ruissellement des sols.La diminution de la monoculture au profit de la diversification des cultures qui entrainera une moindre dépendance des agriculteurs, une nutrition équilibrée de la population et un profil antigénique volatile et alimentaire varié diminuant ainsi les problèmes de santés croissants de nos populations (hypersensibilités : diabètes, eczémas, érythèmes, maladies de Crohn, sclérose en plaque, leucémies,… cancers, carences alimentaires, fatigues,…) et donc un gain économique pour notre système santé et une augmentation de qualité de vie générale.La culture des OGM sera interdite dans la région, comme leur importation.Nous inciterons les zones urbaines à se pourvoir de ceintures vertes dédiées à l’agriculture avec un gel des terres agricoles à long terme en enrayant le bétonnage intensif de ces zones fertiles et des plaines littorales . Nous inciterons les communes à la construction d’habitations sur des terres les moins fertiles. Pour mettre fin à la dévitalisation du milieu rural nous privilégierons le maintient des services publics dans nos campagnes.

La viticulture :

Ce secteur d’activité agricole, comme les autres, est majoritairement en mauvaise passe économique, la compétition internationale lui est très défavorable ; L’arrachage encouragé par l’Europe est lacunaire sur plusieurs pans, il n’apporte pas de nouvelles perspectives aux viticulteurs en termes de maintien de la filière, et de solutions de reconversions. La vigne étant une espèce peu gourmande en eaux superficielles et en terres fertiles, nous privilégierons son maintient et son extension sur des terres de ce type avec un accompagnement en termes foncier, financier, de communication et technique pour l’amélioration de leur cépage et de leur vinification pour les viticulteurs adhérant à ces principes. Les viticulteurs en mauvaise passe économique exploitants des terres arables ou à profile pédologique propice à d’autres secteurs d’activités tels que le maraîchage, l’arboriculture, la culture céréalière et l’élevage, seront soutenus pour leur reconversion sous forme de subventions, de formation et de débouchés commerciaux. La création d’emplois sur leurs exploitation sera encouragée par des crédits d’impôts fonciers.

La sylviculture :

Notre région est très boisée, cela représente 36,9% de la surface totale. Le bois est une denrée importante pour des utilisations durables et écologiques telles que la construction, la menuiserie et le chauffage. La monoculture (surtout de résineux) étant très délétère pour la faune et la flore et sujette à des pathogènes opportunistes de ce modèle d’exploitation ; En partenariat avec l’ONF et les communes, nous privilégierons la sylviculture d’association d’espèces afin de trouver sur la même surface d’exploitation des bois utiles à chaque filières de valorisation. Leur exploitation par coupe blanche sera découragée et la préservation à long termes de vieux arbres ou d’arbres morts abritant des espèces animales rares sera encouragée. La production d’humus lors des coupes sera encouragée. Aussi, dans un soucis de sauvegarde de la biodiversité, nous encouragerons la délimitation de zones non soumises à l’exploitation forestière, et cela, répartie sur le territoire de façon la plus homogène possible. La sylviculture ainsi que l’activité pastorale sera encouragée sur les terres laissées à l’abandon donnant lieu à l’avancée de la garrigue qui est un risque naturel pour les incendies, les inondations et l’érosion des sols.

Le maraîchage :

La culture des melons, des tomates et des asperges représente la plus grosse part d’activité de la région en maraîchage. Ils sont en perdition importante dû à la compétition Marocaine, Espagnole et Néerlandaise principalement. Le fait que le maraîchage soit peu diversifié dans sa production d’un point de vue globale mais aussi au sein de la même exploitation, rend très vulnérable les exploitations vis-à-vis des courts du marché. Leur offre répondant à la demande des grandes surfaces de distribution les contraints à en être dépendant. Les maraîchers répondant à des offres de marché de proximité sont beaucoup plus stables économiquement. La région n’est pas auto-suffisante en légumes, il s’agit d’amoindrir cette dépendance extérieure. Nous aiderons donc à l’accès au foncier dans les zones péri-urbaines pour répondre à la demande des cantines scolaires mais aussi aux marchés en encourageant les communes à créer des places de distribution. La mise en fermage de terres des communes sera encouragée. L’emploi de mains d’œuvre sera aidé part des exonérations de taxes foncières.

La pêcherie et l’aquaculture :

La plupart des réserves halieutiques sont en perdition, les pêcheurs sont en faillite. Nous devrons encourager des pratiques de pêches traditionnelles et soucieuses des cycles biologiques de la faune. Sur le modèle japonnais, nous encouragerons dans un partenariat économique avec l’état et l’Europe à la création de récifs artificiels sur une bande de 5 km de large tout au long de nos côtes afin que la faune et la flore retrouve un habitat propice à son expansion. Dans le même cadre, nous encouragerons le financement des communes côtières à se munir de récifs servant de socle à des projets éoliens comme on peut le voir au Danemark. L’aquaculture se trouve en compétition avec les aires touristiques. Les pratiques courantes de pisciculture en mer sont souvent à l’origine d’eutrophisation de milieu, cela principalement à cause de la gestion non raisonnée des intrants. De nouveaux systèmes de pisciculture respectueux du milieu devront être développés afin d’encourager à leur installation au détriment de zones plaisancières désastreuses pour le paysage et l’environnement.Nous garantirons la filière conchylicole et ostréicole en limitant le bétonnage autour des bassins de culture et en améliorant la qualité de l’eau rejetée par les collectivités environnantes dans les étangs littoraux. Nous pourvoirons à des accompagnements techniques et scientifiques sur les problèmes pathogènes des cultures dans une démarche qualité de la filière.

L’élevage :

Comme les autres secteurs d’activité agricole, l’élevage est en compétition avec les pays tels que l’Australie, la Nouvelle Zélande, l’Argentine… Nous devons privilégier cette filière agricole dans un but d’auto-suffisance régionale ou inter-régionale. Le pastoralisme doit être encouragé sur les terres avalées par la garrigue dans un soucis de lutte contre les incendies, de préservation des paysages, de nutrition des populations et de la préservation des sols. En effet, l’activité fourragère en plaines (luzernes et foins) pour compléter l’alimentation des troupeaux en pâture non intensives rentre dans un soucis d’équilibre des cycles biologiques du phosphore, de l’azote, du potassium et du carbone à visée de réduire les fertilisants chimiques. Les fumiers d’étables seront systématiquement valorisés pour des épandages. Nous viserons l’autonomie régionale ou inter-régional pour les protéines d’origine végétale.

Les fertilisants d’origine biologique :

Les boues de stations d’épuration chimiques, biologiques ou de lagunage seront valorisées pour épandage en tentant de répondre aux contraintes légales européennes. Celles-ci interdisent les épandages de boues ayant un trop haut taux de métaux lourds. Ces métaux lourds sont présents dans les boues du fait d’un mélange des eaux usées provenant des particuliers avec celles des entreprises et des voiries, mais aussi de vieux réseaux d’évacuation des eaux usées. Un remplacement progressif des réseaux existants avec une séparation des eaux permettra à terme de valoriser les boues. Aussi, les eaux traitées, sont interdites à l’épandage du fait de législations trop restrictives provenant de l’Europe. Elles se voient interdites à l’épandage du fait qu’elle sont trop chargées micro-biologiquement, alors qu’en comparaison avec les eaux d’irrigation du Rhône, elles ont un titre micro-biologique comparable voire plus faible, ces restrictions sanitaires sont donc trop zélées. La désobéissance civile doit alors s’opérer dans le respect de conditions sanitaires épidémiologiques à faibles risques. Nous encouragerons le traitement sur place d’effluents provenant des entreprises telles que les usines agroalimentaires et les coopératives viticoles en contrepartie de faibles prix de l’eau d’irrigation et de l’eau servant à la transformation des denrées alimentaires. Les boues en résultant pourront alors être valorisées pour épandage.

Les agro-carburants :

Les terres arables doivent produire en premier lieu des aliments et non des agro-carburants ou des fermes photovoltaïques. Les seules agro-carburants que nous accepterons seront ceux issus de la culture de micro algues en mer ayant fait preuves de leur innocuité écologique.

L’éco-construction :

La sylviculture, la production de chanvre et de pailles doivent être encouragés pour la production de matériaux de constructions des collectivités territoriales et le logement social. Ceci dans une logique de création de puits de carbone et de limitation d’utilisation de l’acier et du béton très gourmands en énergie. La création d’assurances habitation pour les maisons en paille devra être menée.

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0